• Quand j'ai découvert le rap [Bigflo & Oli, Orelsan]

    Olà a todos !

    En ce moment, j'écoute - en boucle - un duo de rap qui s'appelle Bigflo et Oli. Je suis certaine que vous les connaissez - que ce soit par leur chansons ou par leurs multiples participations à des vidéos YouTube. Les chiffres ne m'intéressent pas, mais savoir qu'à 24 et 21 ans, ils sont disque de platine ou qu'ils font l'an prochain un concert à l'AccorHotels Arena me suffit pour avoir une idée de leur succès. Mais voilà, ils font partis de ces "jeunes à succès", ces visages sur lesquels on peut spéculer tout ce qu'on veut sans même les connaître. J'aimerais qu'on prenne le temps de se poser et d'écouter leur musique ensemble : ) Commençons par la plus connue, Dommage. La chanson a été co-composée avec Stromae, et le clip, publié en Septembre 2017 sur YouTube, a pas mal tourné en boucle depuis...

    Cette chanson est pas mal représentative de l'univers de Bigflo et Oli. Le clip est très propre (avec notamment Panayotis, qui s'est fait connaître par Quotidien et qu'on voit, lui aussi, pas mal sur You Tube), on nous raconte une histoire, avec des personnages originaux, des histoires tristes, et finalement un bilan positif - en l'occurence, un bilan qui nous pousse à agir, qui nous fait réfléchir, un peu. Cette chanson, que ce soit dans sa mélodie ou dans son texte, fonctionne comme un conte, une petite fable. Et, en trois minutes, on nous parle de quatres situations, quatre vies différentes. Ce que j'aime aussi chez Bigflo et Oli, c'est leur aspect totalisant, leur volonté de représenter tout le monde, toujours dans la délicatesse, sans prendre parti...

    *

    J'ai longtemps - très longtemps - fait partie de ces gens qui détestent le rap et qui ne peuvent pas en écouter. [En l'occurence, la chanson d'introduction n'est pas du rap. Mais faisons comme x)] Je n'accrochais pas, alors que j'adorais, disons, le slam. (FAUVE, par exemple, Grand Corps Malade, aussi). Mon père m'a fait écouter IAM, et je n'ai pas accroché. Les seules chansons de "rap" que j'aimais étaient deux chansons d'Orelsan : La petite marchande de porte-clés (que j'ai déjà publiée sur ce blog) et Suicide Social. Or, c'est Suicide Social qui m'a fait découvrir Bigflo & Oli... Avec Je suis, qui en est comme le reflet dans le miroir. 

     

    Cette chanson peut être comprise de différentes manières. D'un côté, c'est une espèce d'énorme coup de gueule sur la société entière. Orelsan dit pas mal de choses justes, il frappe là où ça fait mal. Personnellement, j'ai toujours compris cette chanson d'une autre manière. Pour moi, c'est la haine, les insultes, les reproches que toute la société se jette, jusqu'à l'implosion. Pour moi, cette chanson est une dénonciation de la haine même, mais peut-être que je me trompe. Ce qui est certain, c'est qu'elle fonctionne comme un crescendo qui nous met de plus en plus mal, cette chanson est forte, elle remue. Et elle a cet aspect totalisant : jusqu'à dire du mal des Gay Pride ou des SDF. La phrase "De la plus grande crapule à la médaille du mérite" montre, pour moi, que cette chanson n'est pas à prendre au sérieux. Orelsan prend le rôle de celui qui n'en peut plus de la société, de la société toute entière ; et ce faisant, il dénonce cette attitude nihiliste absurde... Adoptée par de plus en plus de monde aujourd'hui.

    Après que j'ai fait écouter Suicide Social à une amie, elle m'a fait écouter Je suis, son avis renforcé par la chronique de LinkstheSun. (Que je ne regarde pas u_u) La première chose que l'on peut dire, c'est qu'elle suit exactement le même mécanisme d'anaphores en crescendo, "Je suis" venant remplacer "Adieu" (la vie venant remplacer la mort) et d'une certaine manière, le positif venant remplacer le négatif. Alors qu'à la fin de Suicide Social, le narrateur se replie sur lui-même, à la fin de Je suis, les deux voix ont totalisé, englobé "La France" entière. On peut remarquer, aussi, que parmi cette énumération de nombreuses situations (de nombreux points de vue) différents, certains sujets ressortent : ce sont les immigrés et la question religieuse qui se détachent dans Je suis, là où la majeure critique d'Orelsan se porte sur l'argent, la banque, l'économie libérale et tout ce bazar. 

    Je suis n'est pas que positive, elle balance entre critiques et messages d'espoir, mais son réel but est de questionner notre avis, de ne pas se figer dans une opinion mauvaise. En somme, en confrontant par exemple le chrétien et le musulman, l'immigré et le "français", le SDF et le riche, elle nous montre que tout n'est pas si simple, que notre monde n'est pas binaire, que chaque point de vue a le droit d'être entendu ; et cherche à dresser un portrait de la société française toute entière, sans prise de parti. Suicide Social fonctionne de la même manière, mais avec un point de vue nihiliste, en disant du mal de ce qu'on considère intouchable, les SDF par exemple. En bref, ces deux chansons sont le verre à moitié plein et à moitié vide ; alors qu'on sort abasourdi, révolté de Suicide Social, on sort de Je suis avec un souffle d'espoir. 

    Pour tout vous dire, écouter Je suis m'a fait un effet... Un effet énorme. Je travaillais sur un projet de film sur l'immigration, un film qui dénoncerait la haine, le racisme, tout ça. J'ai écouté Je suis et je me suis dit... Et merde. Oui, il y a le racisme, la haine, tout ce que tu veux, mais il y a aussi l'acceuil, l'asile, le foyer. Il y a des centaines, des milliers de personnes qui peuvent venir en France et y commencer une nouvelle vie "Bien plus calme et plus stable". La France est une magnifique nation cosmopolite, et je peux vous dire que je suis fière des 90 nationalités recensées dans ma ville, dont une telle proportion de Maliens qu'elle fut surnommée "deuxième ville malienne du monde". (Ce qui est statistiquement faux u_u) Bref, la France est un beau pays, où on a la chance d'avoir l'aide sociale et de nombreuses autres choses positives. Je suis m'a fait retrouver mon vrai point de vue, celui des Licornes existent, celui où il faut laisser un peu de côté son nihilisme pour faire un peu bouger les choses

    D'autres chansons de Bigflo et Oli fonctionnent ainsi en miroir avec des chansons d'Orelsan, comme par exemple Salope avec La Petite marchande de Porte-clefs.

    Le parallélisme de construction est assez évident : A la troisième personne, on nous raconte une vie de femme, et ses souffrances ; puis à la première personne, on adopte le point de vue du gars lambda, celui qui n'a pas connu sa vie, celui qui vient, par une action minime, insignifiante pour lui, ajouter à ces souffrances. En prenant ce point de vue à la fin de leur chanson, Orelsan et Bigflo et Oli ne nous font pas tout à fait culpabiliser, mais ils attirent notre attention sur quelque chose qui nous semble normal au quotidien... Et qui ne devrait pas l'être. Après ça, je n'ai rien à dire sur ces deux chansons. La petite marchande de porte-clefs a été un choc pour moi, elle m'a fait mal. Salope, elle, est juste sublime et poétique... Et félicitations à ceux qui ont réalisé ce clip absolument magnifique *-*

    Pendant que j'y suis, je vous renvoie au Cordon, pour le clip en dessin animé, moins beau mais très inventif, pour les deux points de vue qui se confrontent et surtout pour la poésie de la chanson. Pour moi, cette chanson est la preuve que Bigflo et Oli ne cherchent pas à défendre un point de vue en particulier, mais les aborder tous. Ce n'est pas, comme un esprit cynique pourrait le dire, pour plaire à tous et ne pas faire de conflit ; mais une véritable volonté - parce que toutes les voix méritent d'être entendues...

    Troisième exemple : Monsieur tout le monde et Si seul.

    Ici, pas de parallélisme de construction, mais ces deux chansons illustrent le même sentiment : une sensation d'overdose du quotidien, de notre monde et de notre société, d'implosion. Et, pour une fois, c'est Bigflo et Oli qui assurent la partie violente-marquante, là où la chason d'Orelsan a une tonalité plus poétique. Monsieur Tout le monde, enfin, parle de ces gens qui explosent, qui tuent et qui se tuent - cherche à les rendre humains, en faut. Dans notre contexte d'attentats, où tout le monde est sur les nerfs et où n'importe qui peut se radicaliser du jour au lendemain, évidemment, cette chanson a un écho fondamental. Mais sans aborder forcément le terrorisme, des gens qui explosent, qui dérapent, ça existe...

    *

    Maintenant que j'ai fait un peu le tour de cette tonalité profonde et grave, je voudrais vous présenter d'autres chansons, plus rigolotes. On n'a pas fait le tour - loin de là - mais vous pouvez aller explorer, découvrir par vous-mêmes, aussi. Bon, disons que cette chanson fait office de transition :

    Orelsan et son cynisme, c'est fatiguant, parfois. Que ce soit bien clair : je préfère, mais très largement, Bigflo et Oli. Mais fallait que je vous parlent quand même un peu d'Orelsan, parce que c'est aussi le sujet de mon article. Quant à cette chanson, je trouve que le clip est bien réalisé, et je la trouve drôle, aussi. Ce qu'il dit, la manière dont il le tourne, c'est intelligent '-'

    Aaaah, Bigflo et Oli et leur obsession de dire qu'ils ne sont pas comme les autres rapeurs ! Nous aussi, Personne, La Vraie Vie entre autres abordent ce sujet. Et nous voyons encore l'esprit cynique pointer le bout de son nez, n'est-ce pas ? Ceux qui se disent différents tombent dans un autre excès des rapeurs - ils ne parlent que d'eux, et ça revient au même. Mouais, je ne suis pas convaincue. Ils trouvent toujours un moyen de tourner ce sujet de manière originale, et leurs textes sont toujours très travaillées... Mhm, au premier abord, cette chanson est plus naïve que d'autres (Je suis, Salope par exemple). Déjà, c'est le premier album, ils ont un peu grandi depuis :) Et cette "naïveté" fait du bien, n'empêche, on va pas constamment se prendre la tête :')

    Dans la même veine, une chanson que j'adore vraiment - parce que McFly et Carlito, ces mecs sont des génies... Leur collaboration est assez énorme *w*

    Et pour finir, voici peut-être ma chanson préférée de Bigflo et Oli... Une chanson que j'ai écoutée en boucle pour sa poésie, son message positif, qui me donne de l'énergie quand j'en ai besoin *-*

     Aujourd'hui j'irai en cours, les yeux fixés sur ma montre

    Si j'ai le temps, juste en sortant, j'irai faire le tour du monde


  • Commentaires

    1
    Dimanche 28 Janvier à 15:49

    Il y a aussi Autre Part, de BigFlo et Oli qui parle du suicide...

    Aujourd'hui est ma préférée. Il y a une poésie qui s'en dégage, des vérités lâchées comme ça.

    Ma phrase préférée, c'est celle-là : La réussite c'est la fierté dans les yeux des gens que l'on aime.

    Jamais écouté d'Orelsan, trop fort, trop malaisant (même si ça irait sans doute très bien en bande-son pour la nouvelle que je suis en train d'écrire)

      • Dimanche 28 Janvier à 20:54

        Autre Part, je ne l'ai jamais écoutée ! Je ne connais pas bien les premières chansons de Bigflo et Oli, honte à moi o_o Je vais l'écouter de ce pas !!

        Oui, Aujourd'hui est ma préférée aussi *^* ~ Oui, cette phrase est magnifique *-* Ma préférée est celle que j'ai mis dans l'article !

        Je pense que je n'ai pas assez insisté, dans mon article, sur la comparaison Bigflo et Oli/Orelsan... J'étais pressée de publier mon article, mais quand j'aurai le temps, je rectifierai ça... Je le trouve moi aussi trop malaisant, surtout trop nihiliste, mais il ya certaines choses intéressantes dans ses chansons, certaines sont très fortes, ou entraînantes, ou poétiques (pour ce dernier point, j'aime beaucoup "Si seul". "Tous les soirs je m'égare dans la 25e heure"...) Il y a aussi Tout va bien, que je n'ai pas citée parce qu'elle était dans ma playlist, mais il y a des choses très belles dans cette chanson : Si les hommes se tirent dessus / C'est qu'y a des vaccins dans les balles / Et si les bâtiments explosent / C'est pour fabriquer des étoiles...

        J'aurais dû parler d'IAM aussi, en fait... Je les ai redécouverts et ils font de très belles choses :3

        Tu écris souvent des choses sombres, il me semble  ~

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