• Un mois après les attentats

    Afficher l'image d'origine

    13 Novembre 2015 - une de ces dates qui resteront dans les annales.

    J'étais chez moi ce soir-là, encore debout assez tard, crevée, mais trop pour aller me mettre en pyjama et me coucher. Ma mère dormait et avec ma sœur, on regardait Les Trois Mousquetaires, qu'on avait dû redémarrer au moins 200 fois car il n'arrêtait pas de buger, et pourtant, sur Netflix qui est sensé être sûr. Au bout d'un moment, quand on avait enfin pu lancer le film ; qu'on était en plein dans l'action, dans l'épique, un ami de ma sœur a appelé et lui a ordonné de regarder les infos. Elle a lancé BFM TV, qui filmait en direct les rues autour des attentats, avec une voix-off qui résumait les événements, et le nombre de victimes, toujours croissant, qui défilait en bas de l'écran. On a laissé la télé une vingtaine de minutes ; l'ami de ma sœur était non loin du stade de France, ils ont parlé un petit peu. Et puis on a voulu relancer le film ; mais ça n'a pas marché. L'adrénaline était retombée ; la fictive, du moins. On ne pouvait s'empêcher de penser aux attentats. Finalement, l'ami a rappelé, on a relancé BFM TV et on a réveillé ma mère ; on s'est dit que c'était important.

    Cette nuit là, j'étais choquée, mais surtout, je n'y croyais pas. La peur, le stress sont montés en moi naturellement sans que je puisse les comprendre, ni les arrêter. J'ai fini par aller me coucher.

    Ça a été l'un des plus longs week-end de ma vie. J'ai fait des choses, oui, mais c'était... éteint. Je n'ai pas tout de suite pensé à mes proches ; mon père était en Bretagne et hors de danger, c'était le principal. On regardait sans cesse les infos, comme tout le monde. On ne parlait que de ça. Et puis, peu à peu, j'ai commencé à avoir peur. Pour ma meilleure amie, que j'avais vue Vendredi soir ; mais qui va très régulièrement à des concerts. Pour toutes les connaissances que j'ai à Paris, mes amis d'enfance, des amis de ma famille. Pour mes camarades de classe, pour le garçon que j'aime, pour mes profs ; même pour les gens que je n'aime pas. Je ne voulais pas envoyer de message de peur d'une mauvaise nouvelle ; et en même temps, personne n'a donné de signe de vie. Au final, lorsque j'ai eu le courage d'adresser un message à mes proches, ceux qui comptent le plus pour moi ne m'ont pas répondu ; et je me suis sentie de plus en plus mal. Je n'ai jamais eu autant hâte que le week-end s'achève.

    Afficher l'image d'origine

    Le lundi qui a suivi (heureusement, je n'ai perdu personne), mes amis, ma classe, l'école, étaient dans une osmose particulière. Tout semblait différent, endormi ; et on ne parlait que des attentats. Tout le monde était d'accord pour se soutenir les uns-les autres, les familles des victimes, relever la tête. On n'a pas évité les mots, même s'ils sont durs à dire : attentats. Tueries. Lors de la minute de silence, j'ai regardé le vent souffler dans les arbres de la cour, j'ai ressenti un profond calme intérieur, en me disant qu'à cet instant précis, la France entière avait décidé de se taire, communément ; indépendamment des conflits de race, de politique, de sexe, de classe sociale. Car pour faire face à la mort, nous nous sommes unis.


    Afficher l'image d'origine

    Aujourd'hui, les attentats ont un mois, et dans moins d'un mois, ce sera l'anniversaire de Charlie Hebdo. Il va falloir apprendre - on apprend peu à peu - à vivre avec la menace, à accepter le contrôle des sacs, les exercices de mise en sécurité comme on en a fait un ce matin dans mon lycée. Mais il ne faut pas oublier qu'on n'est pas en guerre, contrairement à d'autres pays - nous sommes libres, nous sommes en paix, n'oubliez surtout pas ça.

    Il y a quelques jours, ma meilleure amie, qui aurait dû aller au concert du Bataclan mais n'a finalement pas eu les places, est allée à un concert au Trianon. Mon père aussi. Je suis allée au théâtre, sans oublier le salon du livre. Je suis passée tout près de la rue Edouard Vaillant ; la rue de la Seat noire, et malgré le frisson qui m'a parcouru l'échine, je me suis dit qu'il valait mieux risquer ma vie pour ceux qui l'avaient perdue. On n'a pas perdu. On peut encore gagner. Peu importe, dans le fond, que vous habitiez à deux ou à 5000 km des attentats. Ils ont marqué quelque chose, un tournant. A nous de faire en sorte que ça ne tourne pas vers la guerre - mais vers la paix.

    #PFP


  • Commentaires

    1
    Dimanche 20 Décembre 2015 à 12:20

    Magnifique *-*

    Tu as vraiment le don de faire des beaux articles *-*

    2
    Dimanche 20 Décembre 2015 à 20:26
    Ooooh t'es trop gentille <3
    3
    Dimanche 20 Décembre 2015 à 21:01

    Merci :3

      • Dimanche 20 Décembre 2015 à 21:12

        Booooon je vais voir un film, à plus ! ^^

    4
    Dimanche 20 Décembre 2015 à 21:26

    Ok a plus ^^

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :